Que penser de Nutri-Score?

Avez-vous entendu parler de Nutri-Score, ce nouvel étiquetage nutritionnel censé mieux nous renseigner sur les aliments que nous pouvons trouver en magasin?

Puisqu’il va être mis en pratique dans les semaines à venir, j’ai décidé aujourd’hui de faire le point avec vous.

Le Nutri-Score est-il réellement un outil intéressant? Va-t’il nous permettre de mieux nous alimenter? Ma réponse dans cet article.

 

Qu’est-ce que le Nutri-Score?

Tout d’abord, sur quoi repose le Nutri-Score? Son principe est d’analyser les aliments en fonction de plusieurs critères nutritionnels et d’y apposer une note allant de A pour les bons élèves à E pour les produits les moins intéressants pour la ligne et la santé.

Une couleur allant de vert (A) à rouge (E) permet de rendre l’étiquetage facile à comprendre.

 

Les critères utilisés sont la teneur en calories, en acides gras saturés, en sucres et en sel. Le but est de distinguer les produits plus sains que d’autres au sein d’une même catégorie afin de permettre aux consommateurs de faire de meilleurs choix. Le Nutri-Score a pour objectif officiel de réduire l’obésité.

Est-ce que ces quelques éléments permettent de juger du caractère santé ou non d’un aliment? J’y vois pour ma part d’importants problèmes que je vais vous exposer point par point.

 

Problème numéro 1: le Nutri-Score ne voit pas l’aliment comme un ensemble !

La première chose qui m’interpelle avec le Nutri-Score, c’est qu’il ne pas voit l’aliment comme un tout mais comme une simple somme de nutriments. Pourtant, l’organisme n’absorbera pas ces derniers de la même manière selon la nature et la forme du produit consommé.

Par exemple, les glucides qui composent une purée de pomme de terre seront assimilés plus rapidement que des pommes de terre coupées et cuites à la vapeur. La première sollicitera davantage votre insuline que l’autre.

A la longue, la purée favorisera davantage le surpoids et des problèmes de santé. Cela, le Nutri-Score ne le prend absolument pas en compte.

 

De plus, on sait que la nature de l’aliment joue aussi sur notre capacité à ressentir la satiété. Lorsqu’on cherche à mieux s’alimenter, perdre du poids et éliminer nos pulsions alimentaires, c’est un critère absolument capital. Une calorie n’est pas une calorie !

Ainsi, il est donc regrettable que le Nutri-Score qui a pour objectif de réduire l’obésité ne s’attache qu’à des critères chiffrées. A l’évidence, cet étiquetage ne prend pas en compte la réalité des personnes en surpoids et leur problématique majeure qui reste de parvenir à réguler leur faim.

 

Problème numéro 2: le Nutri-Score ignore le degré de transformation et les additifs !

Lorsqu’on cherche à promouvoir un système de classification visant à distinguer les produits les plus sains, il est vraiment regrettable que le degré de transformation de l’aliment ne soit pas pris en compte.

Pourtant, il ne fait aucun doute à mes yeux que c’est le critère numéro un à prendre en compte pour déterminer si un produit sera bénéfique à notre organisme ou non.

Plus un produit est transformé et plus il est dénaturé de ses substances bénéfiques. La nature est bien faite et le corps aura toujours plus de mal à assimiler un aliment qui s’éloigne de sa forme naturelle. C’est un critère essentiel pour s’alimenter plus sainement.

 

Prenons par exemple le jus de fruit. Même en choisissant un jus de fruit 100% sans ajout de quoi que soit, il n’aura pas les mêmes vertus qu’un fruit entier car ses sucres seront assimilés trop rapidement par le corps. A la longue, le jus de fruit favorise le diabète, au contraire du fruit entier dont l’assimilation du sucre est ralentie par ses fibres.

De plus, le Nutri-Score ne prend pas en compte les additifs qui s’éloignent pourtant là aussi d’un produit naturel et bénéfique pour notre santé.

Hélas, il est difficile dans ce cas de penser que cet étiquetage est pertinent dans son système de classification.

 

Problème numéro 3: le Nutri-Score se base sur des critères d’une autre époque !

Enfin, les critères utilisées pour étiqueter les aliments font également débat pour la plupart.

La teneur en calories n’est pas un élément aussi pertinent qu’il n’y parait. Par exemple, les produits allégés sont faibles en calories mais n’apportent rien à l’organisme et ne rassasient pas tandis qu’un fruit, à quantité de calories identique, apportera la satiété, des vitamines et des fibres.

Les opinions ont bien évolué à propos du gras saturé qui n’est plus diabolisé comme il l’a été ces dernières années. A présent, on attribue davantage les troubles du système cardio-vasculaire aux excès de glucides et aux acides gras trans.

La consommation de sel reste bien évidemment à surveiller. Ceci étant dit, il n’est probablement pas un critère plus important à surveiller que son équilibre oméga 3/oméga 6 ou encore sa consommation en glucides raffinés comme des pâtes, du pain ou de la farine blanche.

Le sucre est au final le seul critère que je trouve tout à fait pertinent. Il n’est pas seulement dangereux pour le surpoids mais représente un véritable poison pour notre organisme et notre cerveau (addiction similaire à la drogue). A mon sens, il doit être éviter dans le cadre d’une alimentation santé.

 

Le problème de ces choix de critères, c’est qu’ils risquent d’entrainer des notations absurdes.

Par exemple, l’huile d’olive, du fait de sa teneur importante en graisses et en calories, va se voir attribuer une mauvaise note alors que ses bénéfices sur la santé et la perte de poids ne sont plus à démontrer.

 

Au final, le Nutri-Score sera-t’il un système d’étiquetage efficace?

Je vous le dis sans suspens: non !

Malheureusement, le Nutri-Score prend en compte des paramètres trop restrictifs pour représenter un système de classification intéressant.

Il s’attache à des critères qui me paraissent obsolètes (les calories, le gras saturé…) tout en délaissant ceux qui ont un véritable intérêt (le degré de transformation, les acides gras trans…).

 

Pire encore, le Nutri-Score est censé combattre l’obésité alors que cette pathologie demande d’agir sur de nombreux facteurs, la nutrition certes mais aussi notre rapport à la nourriture et notre mode de vie. Sinon, on retombe dans les travers des régimes et je sais à quel point cela ne marche pas.

De ce fait, il s’agirait de voir ce qu’un aliment apporte en terme de satiété et de maitrise de son appétit (notamment en prenant en compte la charge glycémique) plutôt que comme une somme de nutriments. Ce serait là une avancée majeure.

 

De plus, il se base sur le volontariat donc il y a des chances que beaucoup d’entreprises ne veuillent pas jouer le jeu, particulièrement celles qui vendent des produits extrêmement sucrés comme les céréales de petit déjeuner ou les sodas. Hélas, on imagine que certains pourront détourner le système via des produits allégés bourrés d’additifs…

Enfin, le Nutri-Score ne change rien au problème de base en nutrition qui reste les produits transformés ! Ce sont eux qui nous empêchent de ressentir nos sens naturels, la faim réelle et non compulsive, la satiété, le bien-être d’une alimentation nourrissante et sans carence…

 

Ainsi, je vous conseille avant tout de vous fier à une nutrition naturelle composée d’aliments bruts et de saison. En somme, retrouver un bon sens nutritionnel qui ne s’attarde pas qu’à des chiffres. C’est ce qui vous permettra d’ignorer les recommandations officielles hélas gangrénés par des conflits d’intérêt qui s’éloignent de plus en plus de la réalité des personnes qui ne parviennent pas à bien s’alimenter.

En visant une alimentation la moins transformée possible et à l’écoute de votre organisme, vous aurez là votre meilleur critère pour conserver la ligne et la santé.

 

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