Le gluten: pourquoi arrêter d’en consommer?

Depuis plusieurs années, un véritable débat s’est lancé autour de la problématique du gluten dans notre alimentation. Du simple effet de mode à véritable danger pour la santé, on entend tout et son contraire et il est difficile d’avoir une réelle opinion sur la question.

Aujourd’hui, j’ai décidé de réaliser un état des lieux afin de comprendre ce qui justifierait l’arrêt du gluten et comment s’y prendre. Cet article ne prétend nullement détenir la vérité mais vise à donner les clés pour faire ses choix vis-à-vis du gluten en ayant une vision d’ensemble de la problématique du blé dans notre alimentation actuelle.

 

Le gluten: définition et problématiques !

Tout d’abord, il me parait important de situer ce qu’est le gluten.

Le gluten est une molécule que l’on retrouve dans la protéine du blé. Comme son nom l’indique, le gluten agit comme une colle et confère une propriété visco-élastique qui permet la préparation des produits à base de blé que nous connaissons bien comme le pain. Le gluten se trouve donc dans le blé et dans toutes les céréales qui appartiennent à la même famille comme l’orge, le seigle, le kamut ou l’épeautre.

Le gluten est omniprésent dans notre alimentation moderne. Il suffit de constater les différents produits du quotidien qui sont réalisés à partir de blé: pain, pâtes, biscuits, brioche, biscotte, céréales de petit déjeuner, gâteaux, barres de céréales… Ainsi, on peut dire que nous avons vite tendance à être surexposé au gluten.

 

De plus, le gluten n’a pas toujours été tel qu’on le connait à présent. Le blé d’aujourd’hui est le fruit de nombreuses mutations afin d’en rentabiliser la productivité et qui ont fortement altéré ses propriétés. Le blé d’aujourd’hui n’est absolument pas le blé d’il y a 50 ans !  Ainsi, il en résulte un blé beaucoup plus difficile à assimiler pour notre organisme qui peut avoir des conséquences sur notre santé.

Enfin, la manière dont nous consommons le blé a changé et les produits que nous achetons sont confectionnés à partir de blé raffiné au lieu de céréales entières, fermentées ou plus naturelles comme le petit épeautre. Le pain au levain naturel, qui rend le gluten plus digeste, est par exemple de plus en plus rare au profil de techniques de fabrication plus industrielles, rentables et hélas, moins assimilables pour notre organisme.

C’est en ce sens que le gluten est, d’après de nombreuses études indépendantes, un facteur de risques pour développer des pathologies intestinales et que la question de sa consommation se pose.

 

L’intolérance et les sensibilités digestives !

Du fait des problèmes cités ci-dessus, certaines personnes développent des pathologies liées à la consommation de gluten.

L’intolérance au gluten se caractérise par des réactions immunitaires à cause de l’ingestion de blé au quotidien. Le gluten va alors attaquer la paroi intestinale et entrainer ces réactions immunitaires. A terme, cela va générer de l‘inflammation et des pathologies intestinales plus grave. Ce n’est donc pas une problématique à négliger ou minimiser.

Dans ce cas-là, une seule solution s’impose: l’arrêt du gluten. C’est le seul moyen pour permettre à nos intestins de se réparer et notre microbiote de progressivement retrouver son équilibre.

 

La sensibilité au gluten est différente. On ne développe pas de pathologies intestinales mais on ressent des troubles au quotidien liés à l’ingestion de blé. Cela se traduit par des coups de barre, une fatigue chronique, des ballonnements, des migraines, des problèmes de sinus, des douleurs musculaires, une sensation de brouillard…

La sensibilité au gluten est plus difficile à repérer. Généralement, on attribue une sensibilité alimentaire à d’autres facteurs comme le manque de sommeil ou le stress. Parfois, cette sensibilité est présente depuis si longtemps qu’elle semble être une normalité pour nous.

Pourtant, l’éviction temporaire est un moyen simple et efficace de se rendre compte si le gluten nous pose problème ou non. Il suffit de retirer le gluten de son alimentation durant une certaine période (trois semaines par exemple) et de constater si oui ou non nous nous sentons mieux.

 

Le gluten en cas de pathologies intestinales !

Si vous souffrez de problèmes intestinaux récurrents au quotidien comme des maux de ventre, de la constipation, de la diarrhée ou des difficultés à digérer vos repas, la piste du gluten est à envisager sérieusement.

Chez ceux qui ont des pathologies intestinales, le blé et son gluten seront nécessairement difficiles à assimiler et participeront à affaiblir leur microbiote. Dans ce cas, le gluten agira comme une colle dans les intestins et va entretenir un état inflammatoire. Retirer le gluten de son alimentation le temps d’apaiser ses troubles me parait être la meilleure solution.

 

De manière générale, si votre santé n’est pas optimale, la question de la consommation du gluten se pose également. Une alimentation typiquement française entraine irrémédiablement une surconsommation de gluten, par exemple en consommant du pain à chaque repas, des pâtes à l’un des repas dans la journée, des céréales de petit déjeuner le matin ou des biscottes, éventuellement des biscuits en collation…

Ainsi, le gluten consommé sous forme raffinée et en grande quantité est obligatoirement un facteur de risques pour différentes pathologies et maladies qui risquent de s’aggraver. En plus du gluten, ce sont des produits vides de nutriments et à fort index glycémique néfastes à la santé.

Dans ce sens, sans nécessairement arrêter toute consommation de blé, c’est sa nutrition dans son ensemble qu’il est pertinent de revoir afin de ne pas être surexposé au gluten et aux problématiques qui y sont liés.

 

Manger sans gluten comporte-t’il des risques?

A l’heure actuelle, il n’y a aucun problème à arrêter de consommer du gluten. Les produits à base de blé n’apportent rien que l’on ne pourrait pas retrouver dans d’autres aliments dès lors que l’on adopte une alimentation équilibrée et variée. Ce n’est comme si l’on retirait une famille entière d’aliments où là, la question mériterait réflexion.

Mon exemple va vous sembler absurde mais penser que le gluten et donc le blé serait indispensable à notre santé, ce serait comme dire que la courgette l’est et que si vous n’en consommez pas malgré une grande consommation d’autres légumes, vous souffrirez de carences. Vous voyez l’idée, le blé est loin d’être la seule céréale disponible.

 

Le soucis qui peut se poser est dans le cas d’une personne qui basait une très grande partie de son alimentation sur les produits à base de blé. Dans ce cas, il ne s’agit pas de les éliminer sans rien changer mais de savoir les remplacer.

Les aliments à base de blé apportent essentiellement des glucides mais aussi des fibres en fonction des produits. Pour combler ce manque sans prise de tête, je vous recommande de vous tourner vers toutes les céréales et pseudo-céréales qui sont naturellement sans gluten ainsi que les tubercules ou les légumineuses, nous y reviendrons plus loin.

Ainsi, ce n’est pas de manger sans gluten qui est problématique mais simplement de ne pas avoir une nutrition saine, équilibrée et faisant preuve de diversité.

 

Le sans gluten, un effet de mode?

Je pense qu’il n’a échappé à personne l’effet de mode qui s’est emparé de l’alimentation sans gluten.

D’une part, la vague des produits sans gluten que l’on retrouve en magasin ont-ils du sens? S’ils représentent une aide pour ceux qui découvrent l’alimentation sans gluten, ils sont essentiellement à utiliser en phase de transition car ce sont des produits onéreux et pas nécessairement bénéfiques pour notre organisme.

Dans les produits vendus sans gluten, le blé est généralement remplacé par de la farine de riz dont l’index glycémie est très élevé et tout un tas d’additifs pour reproduire les propriétés du gluten. Ce sont hélas des produits faibles en nutriments qui ne participeront pas à une alimentation saine.

Ainsi, les produits sans gluten qui cherchent à imiter ceux à base de blé sont effectivement à considérer comme des produits commerciaux qui cherchent à profiter d’un effet de mode.

 

D’autre part, les effets indésirables du gluten sont-ils exagérés? A mon sens, oui et non.

Il est vrai que le gluten, du fait des mutations du blé d’aujourd’hui, est très difficile à assimiler et représente une source d’intoxication pour notre organisme. Ceci dit, ce n’est pas non plus le seul. Chez de nombreuses personnes qui souffrent de symptômes liés à la consommation du gluten, le problème ne vient pas uniquement du blé mais d’un déséquilibre intestinal dans son ensemble que l’arrêt du gluten seul ne suffit pas à endiguer pour de bon.

Ainsi, voir dans le gluten l’unique mal dans notre alimentation moderne me parait clairement disproportionné. Cependant, ce n’est pas pour autant que ses effets indésirables doivent être minimisés.

C’est hélas ce que l’on retrouve dans certains discours dans les grands médias. Cela dit, on peut se demander s’ils sont bienveillants ou se font les portes-paroles des groupes de l’industrie agro-alimentaire qui ne désirent pas que nous arrêtions de consommer leurs produits à base de blé (céréales de petit déjeuner, biscuits, gâteaux, biscottes etc). Malheureusement, l’alimentation est devenue un énorme business donc je vous conseille de faire preuve de prudence vis-à-vis de ce type de discours et des intentions qu’elles peuvent dissimuler. Après, c’est à vous de juger.

 

Quelles sont les meilleures alternatives?

Si vous souhaitez réduire ou arrêter le blé sans vous ruer sur les produits étiquetés sans gluten, il existe de nombreuses alternatives.

Tout d’abord, sachez que le pain au levain naturel est bien plus digeste que le pain blanc car son gluten y est pré-digéré. De la même manière, le pain essene est un pain germé qui est plus facile à assimiler et que l’on trouve en magasin bio.

Ensuite, il existe plusieurs céréales ou pseudo-céréales qui sont naturellement sans gluten: le riz, le quinoa, le sarrasin, le millet, l’amarante… Les tubercules comme la pomme de terre ou la patate douce sont également d’excellentes options tout comme les légumineuses.

Pour ce qui est du pain ou des tartines, sachez qu’il existe des pains sans gluten (chataigne, riz, sarrasin…) ou des tartines natures à base de sarrasin (marque Pain des Fleurs) en magasin bio.

 

Enfin, la meilleure alternative au gluten, cela reste d’apprendre progressivement à changer ses habitudes alimentaires. Je veux dire par là que chercher à remplacer tout ce que l’on consommait à base de blé n’est pas une solution viable à moyen et long terme. Cela risque de vous frustrer car vous ne retrouverez jamais la même consistance ni le même goût que les aliments à base de blé.

Ainsi, je vous conseille de changer petit à petit la composition de votre assiette, par exemple en y laissant davantage de place pour les légumes ou les graisses saines qui sont très rassasiants et favorisent un bon fonctionnement de l’organisme.

Le sans gluten est également l’occasion de se laisser tenter par les petits déjeuners salés qui sont très faciles à composer sans blé. Voici un article où je vous explique comment le composer: Petit déjeuner salé: comment s’y prendre?

 

Le blé d’aujourd’hui, reflet des ravages de l’alimentation industrielle !

Si le gluten est une problématique majeure dans notre alimentation actuelle, il me parait essentiel d’avoir en tête que le blé n’a pas toujours été un soucis mais qu’il l’est devenu à travers d’importantes mutations de sa propre structure.

Le blé d’aujourd’hui est avant tout le reflet d’une alimentation industrielle qui vise la productivité de masse avant la qualité. Les conséquences ne sont pas à isoler puisque d’autres aliments que nous digérions convenablement risquent de devenir problématiques dans les années à venir. Par exemple, on commence à constater de plus en plus d’intolérances aux amandes similaires à celles du blé qui seraient liées à son mode de production.

De ce fait, le cœur du problème dans notre nutrition ne peut pas venir que du gluten mais davantage d’une alimentation trop transformée qui ravage nos intestins à petit feu. Ainsi, revenir à une alimentation plus raisonnée, locale et de saison représentent les meilleurs moyens que nous pouvons mettre en œuvre pour avoir et conserver un organisme en bonne santé.

 

Pour finir, n’oubliez pas que le problème du blé au-delà de son gluten, c’est qu’il est généralement le témoin d’une alimentation déséquilibrée, trop riche en céréales et en glucides. Le sans gluten représente donc à mon sens un merveilleux départ pour réformer son alimentation et améliorer sa santé et sa composition corporelle, du moins si on ne tombe pas dans le piège des produits sans gluten et que l’on accepte de mettre certains de ses préjugés de côté.

Pour ma part, j’ai fait l’expérience de manger sans gluten et le résultat est sans appel: le gluten fait souffrir mes intestins. Par contre, ce n’est qu’en arrêtant que j’ai pu m’en rendre compte. Mes années d’obésité morbide ayant détérioré mon microbiote, l’arrêt du gluten n’est pas le seul paramètre que je dois prendre en compte mais il est celui que je ne remets jamais en cause.

Si vous avez des symptômes qui laissent penser que quelque chose ne va pas dans votre alimentation, l’éviction temporaire du gluten me parait être un premier pas indispensable pour retrouver un mieux être, en adoptant en parallèle des habitudes alimentaires plus saines comme je le préconise sur ce site.

 

 

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