Faim émotionnelle: comment s’en défaire?

 

Quand on craque souvent et qu’on mange de manière compulsive, pas de doute, on est victime de faim émotionnelle. Ces grignotages ou ces excès que vous ne maitrisez pas et qui se tournent presque toujours vers des sucreries, barres chocolatées et autres viennoiseries sont un véritable cauchemar que j’ai vécu durant mes longues années d’obésité morbide et qui ont été le facteur principal de ma prise de poids et de mon impossibilité à en perdre.

Ainsi, comprendre ce qu’est la faim émotionnelle et pourquoi nous nous tournons aussi facilement vers la nourriture est essentiel si nous désirons nous en défaire sans incriminer sans cesse notre mental qui ne peut lutter face à des émotions qui influencent nos signaux de faim et qui nous empêchent de perdre du poids. Aujourd’hui, je vous explique donc comment j’ai pu m’en débarrasser.

 

La faim émotionnelle c’est quoi?

Tout d’abord, il est nécessaire de bien comprendre ce qu’est la faim émotionnelle. On pourrait dire en gros que c’est le fait de manger sans faim. Par exemple, lorsqu’on a eu une journée particulièrement stressante et qu’on rentre chez soi en se précipitant sur la première viennoiserie ou biscuit venu pour se faire plaisir, on ne mange pas par faim mais pour combler un manque et dans le cas présent oublier sa frustration. La nourriture ne devient donc plus un besoin d’assouvir une faim réelle mais une nécessité pour faire du bien à notre cerveau et se sentir mieux ensuite. C’est la faim émotionnelle.

 

La faim émotionnelle fait partie du quotidien de la plupart des gens en surpoids. On souffre de nos kilos en trop et bien trop souvent, le seul moyen d’oublier notre mal être reste la nourriture et les gourmandises sucrées qui provoquent un sentiment de bien être immédiat. C’est un cercle vicieux car notre cerveau sera alors en recherche constante de cette sensation de plaisir pour oublier notre frustration. Le pire, c’est que nous devenons dépendant de cette faim émotionnelle alors que c’est précisément elle qui est à l’origine de notre surpoids, un paradoxe qui entretient l’immense sentiment de culpabilité qui m’a accompagné à chaque instant lorsque je pesais plus de 130 kilos.

La faim émotionnelle englobe donc toute prise alimentaire qui cherche à combler un manque, à noyer notre chagrin, oublier notre frustration ou simplement pour faire passer le temps… Elle représente un refuge dont nous devenons dépendants et qui affecte profondément notre cerveau qui établit ainsi un rapport malsain et délétère avec l’alimentation. C’est un engrenage dans lequel tout le monde peut tomber à un moment ou à un autre dans sa vie.

 

Pourquoi craque-t’on?

La faim émotionnelle se nourrit de nos émotions négatives. Avez-vous remarqué que nous grignotons le plus souvent des aliments très sucrés et addictifs lorsque nous nous sentons mal? Après avoir vécu un évènement difficile? Un gros coup de stress? Une situation qui nous a affecté?

La faim émotionnelle, c’est généralement une manière de tourner le dos à nos problèmes car elle représente une sorte de cocon rassurant dans lequel nous nous enfermons. Elle vient combler ce vide que nous ne sommes pas parvenus à remplir en trouvant une solution ou en relativisant nos problèmes.

 

Dans notre société, il y a beaucoup de raisons de craquer à cause de notre mode de vie. Nous avons un quotidien qui est généralement stressant, nous sommes exposés à énormément de stimulations extérieures qui génèrent en nous tout un tas de questionnements qui embrouillent notre cerveau et les émotions négatives nous affectent énormément. Le plus grave, c’est que nous ne prenons jamais le temps de nous détendre, de prendre du recul et de nous poser ne serait-ce qu’un instant, ce que la faim émotionnelle vient alors nous apporter à travers cet instant de plaisir simple, cette pause dont notre cerveau a besoin pour ne pas exploser sous le poids de nos préoccupations constantes.

Gardez en tête que la faim émotionnelle dérègle nos signaux de faim et c’est pour cela que les personnes obèses ne parviennent pas à avoir le contrôle sur leur appétit. Si vous craquez, c’est normal et ce n’est pas un manque de volonté comme on l’entend trop souvent. Vous êtes victime de faim émotionnelle et vous ne pourrez pas en sortir sans comprendre l’origine du problème. Plus vous accumulerez d’émotions négatives et plus vous risquerez de craquer, c’est aussi simple que cela.

 

La faim émotionnelle, un besoin inarrêtable !

La faim émotionnelle est donc à distinguer de la faim réelle. Le problème, c’est que notre cerveau risque de mélanger les deux à la longue et c’est ainsi que vous vous mettrez à réellement avoir la sensation d’avoir faim alors que ce n’est pas véritablement le cas. Pire, vous sentirez un besoin urgent de manger, comme si votre vie en dépendait. Ce n’est évidemment pas le cas et en vérité, vous n’aurez jamais besoin de grignoter si votre alimentation est équilibrée dans son ensemble (en-dehors d’éventuelles collations programmées qui n’ont rien d’une prise alimentaire compulsive).

Dans ce cas-là, il est possible d’entrer dans ce que j’appelle la frénésie alimentaire. Lorsqu’on a une faim réelle, on mange un repas et on ressent la satiété qui nous indique qu’on a consommé ce dont notre organisme avait besoin donc nous sommes dans un état de satisfaction. La faim compulsive, en revanche, ne sera jamais assouvie puisque ce n’est pas une faim réelle et que le cœur du problème est ailleurs ! Vous risquez alors de manger encore et encore et de faire des excès qui vous feront prendre du gras comme je l’ai fait par le passé.

 

Il y a quelque chose d’important à comprendre, c’est que la faim émotionnelle n’est pas quelque chose que nous pouvons maitriser par la seule force de notre mental. Elle dérègle complètement nos signaux de faim et nous empêche de ressentir la satiété. Il faut dire les choses comme elles sont, nous perdons le contrôle et la faim émotionnelle rend notre cerveau malade ou du moins, déréglé.

A partir de là, la faim réelle ne devient absolument plus le moteur de notre alimentation mais c’est ce besoin de combler un vide qui va dicter votre manière de vous alimenter. Bien sûr, vous serez principalement attiré par tous les produits transformés riches en sucres et en additifs qui provoquent l’addiction. C’est à cause de cela que les personnes obèses comme moi à l’époque ne parviennent pas à perdre du poids. Tant que nous ne cherchons pas à combler ce vide autrement que par l’alimentation, ce cycle infernal ne s’arrêtera jamais.

 

Trouver l’origine de la faim émotionnelle !

La faim émotionnelle n’est donc pas un dérèglement de notre rapport à l’alimentation que nous développons naturellement du jour au lendemain. Elle devient progressivement une habitude puis une dépendance de notre cerveau pour combler un vide intérieur, un manque que nous cherchons à oublier. En trouvant son origine, vous pourrez donc envisager des solutions.

La faim émotionnelle permet de mettre de côté des émotions négatives que nous ne parvenons pas à évacuer autrement. Elle traduit généralement une mauvaise estime de soi. En essayant de comprendre pourquoi vous craquez, vous pourrez donc identifier la cause. A quels moments craquez-vous généralement? Est-ce que cela se produit la plupart du temps quand vous vous sentez seul? Quand vous êtes stressé?

En trouvant l’origine de votre faim émotionnelle, vous pourrez petit à petit vous en débarrasser. Cette émotion négative que vous cherchez à combler par l’alimentation, il est tout à fait possible de l’apaiser autrement, d’apprendre à remplir ce vide par d’autres moyens.

 

Pour prendre mon exemple, lorsque j’étais obèse, je grignotais et faisais des excès pour me faire plaisir sur le moment et oublier mon mal être. C’était devenu un besoin indispensable pour mon cerveau afin de ne pas trop souffrir de ma situation de surpoids. Lorsque j’ai compris l’origine de ma faim émotionnelle, le mal être de mon obésité, j’ai enfin pu envisager de réduire petit à petit la consommation excessive d’aliments transformés car cela ne représentait plus une contrainte mais une nécessité pour rendre ma vie meilleure. Mon cerveau ayant lié ces moments de frustration par la prise de nourriture, il me fallait trouver une solution et j’ai alors progressivement associé ce besoin de me faire plaisir par une activité qui ne détruirait pas mon organisme à petit feu et qui me serait bénéfique (en l’occurrence le dessin qui a toujours été une passion source de relaxation pour moi).

Autre exemple, si vous avez tendance à craquer lorsque vous êtes stressé, apprendre à vous poser quelques instants et prendre une respiration profonde pourrait suffire à faire passer cette faim compulsive, ou encore tout simplement d’avoir une activité plaisir dans votre quotidien qui vous permet d’évacuer vos pulsions négatives. Le but est de prendre conscience de la source de votre faim émotionnelle, d’une part, et ensuite d’associer ce besoin de combler un vide par une activité plus saine et que vous apprécierez afin de reprendre le contrôle de votre organisme.

Quel que soit l’origine de votre faim émotionnelle, il existe forcément une solution que vous pouvez mettre en place. J‘espère que vous comprenez donc l’importance de trouver l’origine de votre faim émotionnelle car l’identifier permet de reprendre un rapport sain avec la nourriture.

 

L’alimentation saine à la rescousse !

La faim émotionnelle, même si elle cherche à combler un vide par l’alimentation, ne se tourne pas vers n’importe quel type de nourriture. Avez-vous déjà vu un adepte des grignotages compulsifs se précipiter sur une endive ou un avocat? Non, il porte généralement son choix vers des produits transformés sucrés et plein d’additifs.

La raison d’un tel phénomène est simple: toutes ces belles gourmandises que vous voyez en magasin type viennoiseries, barres chocolatées, gâteaux, yaourts sucrés ou bonbons provoquent l’addiction, et cela pour deux raisons: d’une part elles sont riches en sucres et il a été prouvé que le sucre est addictif pour notre cerveau. D’autre part, ces produits sont remplis d’additifs chimiques qui là encore provoquent l’addiction. De quoi faire de ces produits des drogues en puissance pour une victime de faim émotionnelle.

 

De ce fait, si vous voulez laisser vos envies de grignotage derrière vous, je vous conseille de réduire fortement votre consommation d’aliments transformés et de gourmandises sucrées. Ces aliments entretiennent votre rapport malsain à la nutrition et sont de plus mauvais pour votre ligne et votre santé. Je ne vous dis pas de les bannir pour autant mais de les réduire progressive (pas du jour au lendemain donc) et surtout d’avoir le contrôle dessus, c’est-à-dire en consommer de temps en temps pour vous faire plaisir sans que votre faim compulsive ne guide votre attirance pour ces produits.

Une alimentation équilibrée dans sa globalité réduira vos envies compulsives, comme je l’ai expliqué dans mon article sur la composition d’une assiette saine que vous pouvez lire ici. Une nutrition saine qui vous évite de subir la faim compulsive implique notamment un apport adéquat en vitamines et minéraux à travers les végétaux (et particulièrement les légumes), une part suffisante de protéines à chaque repas qui sont rassasiantes, une consommation systématique de lipides qui sont primordiales pour notre système hormonal et la satiété et une part mesurée de glucides à index glycémique bas afin de ne pas stimuler excessivement votre insuline. Si vous avez systématiquement des grosses envies de grignotage entre les repas, demandez-vous si ces derniers sont suffisamment complets (particulièrement en bonnes graisses).

Dernière astuce: le premier repas que nous prenons a une incidence capitale sur nos fringales sur l’ensemble de la journée. Ainsi, un petit déjeuner classique à la française avec du lait (contenant du sucre), des céréales (sucrées) ou du pain (bourré de glucides) avec de la confiture (sucres) et un jus d’orange (sucres) mettra votre organisme en demande de sucre, autrement dit l’état parfait pour avoir des envies de grignotage incontrôlées le reste de la journée. Faites le choix d’un petit déjeuner gras et protéiné (comme je le détaille dans cet article) et vous pourrez garder le contrôle sur votre alimentation.

 

Se défaire de la faim émotionnelle, clé de la perte de poids !

Comme nous avons pu le voir, la faim émotionnelle est très liée à la prise de poids. En perdant notre capacité à ressentir la satiété et à contrôler notre appétit, nous mangeons bien plus que ce dont notre organisme a besoin et faisons des choix irraisonnables. La faim émotionnelle nous rend dépendant de la nourriture pour gérer nos émotions, une situation qui ne peut mener qu’à une prise de gras qui mettra en péril notre bien-être, notre estime de soi et à terme, notre santé.

Je pense sincèrement que la faim émotionnelle est l’un des plus grands facteurs de surpoids dans notre société, avec les produits industriels (les deux sont de toute manière souvent liés). En parvenant à vous en défaire, vous reprendrez le contrôle de votre nutrition et en faisant les bons choix, l’alimentation deviendra alors votre meilleur allié qui retrouvera alors son véritable rôle: nourrir votre organisme en profondeur et vous apporter forme et bien être au quotidien.

 

La faim émotionnelle n’est pas une fatalité. On a tendance à le vivre ainsi lorsqu’on est obèse car on ne sait pas comment se sortir de ce cercle vicieux. Ceux qui se disent trop gourmands et qui sont persuadés de ne pas être en mesure de résister à leurs envies de grignotage compulsif n’ont tout simplement pas les outils pour comprendre l’origine de leur trouble alimentaire et envisager des solutions pour maitriser leurs pulsions.

Lors de mes longues années d’obésité, j’étais particulièrement dépendant à la nourriture pour soulager ma frustration. La faim émotionnelle avait entièrement pris le contrôle de mon alimentation et m’empêchait d’avoir un rapport sain avec ce que je mangeais. On peut dire qu’il n’y avait pas plus contaminé par les pulsions alimentaires que moi et c’est en grande partie pour cela que j’ai pesé plus de 130 kilos durant de longues années. Pourtant, j’ai pu définitivement en sortir et si j’ai pu démarrer ma perte de poids, c’est uniquement grâce à une prise de conscience vis-à-vis de mon rapport à l’alimentation.

 

En vérité, si vous ne parvenez pas à maitriser votre nutrition et que vous craquez très régulièrement à la moindre émotion négative, prendre conscience de votre situation sans vous mentir est déjà un grand pas qui peut donner une toute nouvelle perspective à votre volonté de perte de poids. Inutile de vous blâmer et de culpabiliser, la faim émotionnelle vous intoxique et en ayant cette prise de conscience tout en reprenant confiance en vous, vous avez les capacités de changer les choses et de sortir de cette forme inconsciente d’auto-destruction qui fait tant de mal à votre organisme.

Peut-être que tout comme moi, c’est ce déclic qui va vous donner l’impulsion pour débuter votre perte de poids définitive et mettre cette maudite faim émotionnelle derrière vous, pour de bon.

Au final, ne négligez pas l’impact incroyablement délétère que peut avoir la faim émotionnelle dans votre quotidien. Cela m’a véritablement pourrit la vie pendant de nombreuses années donc j’espère que mon témoignage saura vous aider à y voir plus clair sur ce trouble alimentaire qui vous empêche d’établir un rapport sain avec la nourriture et d’adopter de bonnes habitudes alimentaires. En appliquant les conseils évoqués dans cet article, vous aussi, vous pouvez retrouver la sérénité dans votre nutrition afin d’en faire votre meilleur allié pour votre ligne, votre santé et votre bien être.

 

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